Histoire de l’île d’Orléans

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L’île d’Orléans, l’un des plus anciens lieux de peuplement en Nouvelle-France, était jadis occupée par un peuple autochtone qui venait à « Minigo », l’île ensorceleuse, pour y camper et pêcher.

En 1535, le navigateur Jacques Cartier découvre l’Île et la nomme Bacchus en raison des nombreuses vignes qui y poussent.

Lors de son second voyage, en 1536, Cartier renomme l’Île. Il lui donne alors le nom d’Orléans en l’honneur du duc d’Orléans, fils du roi de France, François 1er. Nom définitif malgré les nombreux changements survenus au cours des siècles.

En 1642, le gouverneur de Montmagny offre l’île d’Orléans, presque inhabitée, en cadeau à Paul de Maisonneuve. Ce dernier la refuse et préfère se diriger vers l’île de Montréal pour y fonder Ville-Marie. Ainsi, l’Île eut, tout au long de son histoire, plusieurs propriétaires, nommés seigneurs, dont le dernier, au 19e siècle, Monsieur Joseph Blouin.

La colonisation se fait lentement, alors que ceux qui sont appelés à habiter les terres sont, pour la plupart, originaires de la Normandie, du Poitou ou du Perche, en France.

En 1651, repoussés vers le nord par les Iroquois, qui les attaquent et les massacrent depuis 1648, les Hurons viennent se fixer à l’île d’Orléans, à l’anse du Fort, où ils sont pris sous l’aile des Jésuites.

Quelques années plus tard, les Iroquois tentent de leurrer les Hurons pour les persuader de venir vivre avec eux, dans le but de les massacrer.

En 1656, les Hurons prennent en captivité un Iroquois, qui mourut dans les plus grands tourments, dans le but de venger la mort de leurs confrères, tués par une attaque iroquoise. Vers la mi-avril de cette même année, favorisés par le temps obscur, les Iroquois se rapprochent de la bourgade des Hurons durant la nuit. Au matin, après la messe, alors que les Hurons s’en retournent à leurs travaux quotidiens, sans arme, le signal est donné. Les Iroquois kidnappent et massacrent 71 Hurons, laissant les autres habitants de l’Île sains et saufs.

En 1657, les tribus huronnes du Rocher et de l’Ours quittent l’Île pour suivre les Iroquois alors que la tribu de la Corde se rapproche du Fort Saint-Louis puisque ses membres ne se sentent plus en sécurité à l’île d’Orléans. Dès 1667, cette tribu se déplacera d’année en année pour fonder les missions de Notre-Dame de Foye, Notre-Dame de Lorette et Jeune Lorette.

En 1661, année de malheurs, les Iroquois attaquent massivement les villes et villages de Montréal, Trois-Rivières, Tadoussac, Québec et l’île d’Orléans. Au total, ce sont presque 100 personnes, Français et Algonquins, qui sont massacrés.

La première paroisse de l’Île à être édifiée est celle de la Sainte-Famille en 1661. La construction de son église, dirigée par Monseigneur François de Laval, débute en 1669.

Le 6 avril 1676, l’Île devient un comté et est divisée en quatre bourgs, soit : Saint-Pierre, Saint-Jean, Sainte-Famille et Saint-Paul qui deviendra Saint-Laurent en 1698.

Monsieur François Lamy, personnage significatif à l’île d’Orléans, parcourt cette dernière à titre de missionnaire de 1668 au 3 novembre 1684, et de cette date jusqu’à sa mort, le 2 novembre 1715, à titre de curé, le premier de la paroisse.

En raison du gel et de la rareté des maçons expérimentés, l’église subit, au fil du temps, plusieurs dégâts. L’abbé Joseph Dufrost, nouvellement nommé curé de la paroisse, a pour mandat la construction de l’église actuelle en 1743. Aujourd’hui, elle est la plus vieille église à deux tours au Canada et la seule église au Québec à avoir trois clochers en façade.

L'église Saint-PierreEntre 1673 et 1676, Saint-Pierre voit sa première église en colombage, recouverte de bardeaux, être édifiée. Rapidement endommagée, une église de pierres est construite en 1717, qui sera classée monument historique en 1958. En 1955, un nouveau temple est construit, plus moderne, à côté de l’ancienne église.

En 1675, c’est au tour de Saint-Jean de se faire construire son église, qui sera remplacée par la construction de l’église actuelle en 1734. Cette même année, une chapelle est fondée à Saint-Laurent. Il faudra attendre en 1697, suite au don de terres du seigneur Berthelot, l’érection de la nouvelle église et du presbytère dans la municipalité, qui sera allongée en 1702 et démolie en 1864. La nouvelle église actuelle de Saint-Laurent sera toutefois bâtie en 1860.

En 1678, une première église est érigée à Saint-François, suivie d’une seconde, toutes deux de bois, en 1707, où se trouve actuellement le cimetière. Entre 1734 et 1736, la première église de pierres est construite. En 1988, un tragique accident de voiture, faisant deux morts, détruit tout l’intérieur de l’église. La construction de l’église actuelle a lieu en 1991.

En 1679, les paroisses de Saint-Pierre, Saint-François, Saint-Jean et Saint-Paul sont fondées officiellement. Il faudra attendre en 1870 pour la fondation de la municipalité de Sainte-Pétronille-de-Beaulieu que l’on détacha du territoire de Saint-Pierre.

Les Sœurs de la Congrégation Notre-Dame viennent établir une mission à Sainte-Famille pour éduquer les jeunes filles, en 1685, suite à la demande du curé Lamy. Cette même année, un recensement dénombre 1 205 insulaires et 917 têtes de bétail.

Vers 1730, des habitants, les Canac dit Marquis, construisent la Maison Drouin, à Sainte-Famille, qui subira un agrandissement vers 1735.

Épargnée par les Anglais, cette maison est aujourd’hui gérée par une fondation de citoyens, la Fondation François-Lamy, et retrace l’histoire tricentenaire de cette terre. Habitée jusqu’en 1984, par les Drouin, la maison n’aura pas été modernisée depuis sa construction.

Le Manoir Mauvide-Genest est édifié en 1734, à Saint-Jean, par Jean Mauvide (1701-1782), chirurgien et marchand de l’époque. En 1752, ce dernier est proclamé seigneur et agrandit le bâtiment considérablement où il vit avec sa femme, Marie-Anne Genest (1709-1781) et leurs six enfants. Le Manoir est restauré en 1925 par le juge Joseph-Camille Pouliot et une chapelle y est ajoutée en 1929.

À l’été 1759, l’Île est évacuée avant l’arrivée de la Royal Navy et des troupes britanniques commandées par le général Wolfe. Ce dernier y établit son camp militaire pour surveiller Québec ainsi que les chenaux du fleuve. Lors de ce siège, l’Île est mise à sac, suite à la défaite du jeune général anglais lors du combat du 31 juillet à l’Ange-Gardien, et seulement quelques habitations sont épargnées, dont le Manoir Mauvide-Genest et la Maison Drouin. Aujourd’hui, il ne reste que peu de traces de leur passage, entre autres, un graffiti, retrouvé à l’église de Saint-François, hôpital militaire et lieu de campement des troupes britanniques, écrit par David Chapman, second artilleur du Neptune, vaisseau amiral de la flotte de Saunders durant la guerre de Sept Ans (1756 – 1763). Autre héritage de cette période, une cartographie très détaillée du fleuve entre la Côte-de-Beaupré et l’île d’Orléans, résultat du travail de l’explorateur James Cook, officier du général Wolfe.

L’installation du premier chantier maritime à l’anse du Fort, à Sainte-Pétronille, se fait en 1823, par les frères Wood, constructeurs maritimes écossais de renom.

En 1830, la route du Mitan est inaugurée et permet de traverser l’Île du nord au sud, au cœur des villages de Sainte-Famille et de Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans. Elle vient ainsi remplacer la route de la Sainte-Famille qui avait la même fonction. Cette même année, la première école primaire de Saint-François, monument classé en 1966, est érigée près de l’église.

1855 marque la construction du quai Bowen, à Sainte-Pétronille, et l’inauguration du vapeur Petit-Coq, propriété d’Ignace Couture de Lévis, qui offre la traversée quotidienne entre le marché Finlay, à Québec, et l’île d’Orléans.

Forte de la beauté de ses paysages, Sainte-Pétronille est prisée par les bourgeois anglophones pour ses espaces de villégiatures. Cette forte communauté sur l’Île laisse comme héritage de nombreuses constructions d’architecture anglaise et la chapelle anglicane St. Mary, construite en 1867. Les résidents chrétiens devront attendre 1871, année de la construction de leur église catholique.

Horatio Walker, peintre de grande renommée d’origine ontarienne, s’installe à Sainte-Pétronille en 1888, village qui l’inspirera énormément, jusqu’à la fin de ses jours en 1938.

En 1911, Ovide Fillion fonde le Chantier maritime de Saint-Laurent qui représente la plus importante industrie de l’île d’Orléans pendant plus de 50 ans. L’établissement ferme définitivement ses portes en 1967.

1935 est l’année de l’inauguration du Pont de l’Île d’Orléans, alors nommé Pont Taschereau en l’honneur de Louis-Alexandre Taschereau, premier ministre du Québec et député de Montmorency de l’époque. Cette construction modifia le mode de vie des insulaires considérablement, eux qui jusqu’à ce jour, n’avaient pour seul moyen que le bateau, en été, et le pont de glace, en hiver, pour traverser le fleuve.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, la Marine royal canadienne établit une base de surveillance, la Chaleur III, en 1940, à Saint-Jean, afin de protéger le fleuve Saint-Laurent des navires descendants ce dernier. Suite au retrait des soldats, les bâtiments sont transformés en complexe hôtelier quelques années plus tard avant d’être démolis dans les années 1960.

En 1949, on procède à l’inauguration de la route Prévost, qui traverse l’île de Saint-Pierre à Saint-Laurent, en l’honneur de Yves Prévost, député du comté de Montmorency de 1948 à 1962.

En vertu de la Loi sur les biens culturels, l’Île est proclamée arrondissement historique en 1970. Cette même année, Félix Leclerc, grand poète québécois, s’installe à Saint-Pierre, terre de ses ancêtres, et y passe le restant de ces jours. Il fut inhumé en 1988 dans le cimetière de la paroisse. Plus tard, en 2001, l’Espace Félix-Leclerc est créé, à Saint-Pierre, afin de retracer l’œuvre et la vie du poète.

En 1973, le gouvernement du Québec procède à la construction d’une halte routière et d’une tour d’observation dans la municipalité de Saint-François. De là-haut, on peut y observer l’île Madame et l’île au Ruau, la pointe d’Argentenay, le fleuve et Cap Tourmente ainsi que les divers oiseaux migrateurs.

1995 est l’année de l’incorporation du Parc maritime, actif depuis 1990, au même endroit que le Chantier maritime de Saint-Laurent, qui a pour but de conserver et mettre en valeur le patrimoine et le caractère maritime de Saint-Laurent et de l’île d’Orléans.

L'île d'Orléans, arrondissement historique, fait vivre la campagne traditionnelle québécoise avec ses paysages magnifiques, en bordure du fleuve Saint-Laurent et à proximité de Québec. Berceau de la Nouvelle-France, l'Île propose une expérience culturelle unique et un riche terroir. Fréquenté depuis des temps immémoriaux, ce pays d'entre deux étonne par la diversité et la qualité de son offre touristique.

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